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Alfâ Ibrâhîm Sow (éd.)
La Femme. La Vache. La Foi. Ecrivains et Poètes du Fuuta-Jalon

Classiques Africains. Paris. Julliard. 1966. 375 p.


       Table des matieres       

Rewɓe hannde — Les femmes de notre temps

Si a baati mo seeɗa, o farnano maa, 12
si a hawku mo, ɗun wona jonnitugol.

Sayxuuɓe no wembori hoore mu'un, 13
tawdeede e yimɓe nge'el jamanel.

Sayxuube adiiɓe no moolotonoo, 14
wata Joomam tawnu ɓe ngel jamanel.

Kajibuuji wadaa sidquuji e ngel, 15
bursaaɗi waɗaa huuraaɗi dewal.

E ko honno waɗay mi e ngel jamanel, 16
bote woo alanaa ɓe e kuuɗe dewal ?

Suddiiɓe no ɗon, lidduuɓe ɓe'e, 17
juulayɓe ɓe janga, ɓe huuwa dewal.

Si a arnike ɓen, hiɓe deƴƴa budu, 18
jaɓugol salagol, haa ñande ƴamal.

Si a yaadu e jawdi, o manka ndi don, 19
tuma neeɓi o ndarta ndi fi bonugol.

Si ɓe rokka, ɓe arda no wiiru mi nii, 20
si wonaa dun, waasaa tilfitagol.

Si a huylike jemma, o hejjin maa: 21
« Wata hawkan hawkaa kuuɗe dewal ».

Himo deƴƴa si tikkere bolle yanii, 22
himo wewla si ardii fii fijugol.

Si a wintike seeɗa, o mantor maa, 23
si a waasu, o surrire muññitagol.

Si a baati mo seeɗa, o okkitu maa; 24
Si a hawku mo, ɗun wona muññitagol.

Si ɓe honna e suudu, ɓe muññoo ɗon, 25
si a noddu, ɓe nootora tun wa nge'el.

Suddiiɓe resaaɓe siforɓe wa nii, 26
rokkee ɓe sadaaqu e wellitugol.

Si a arnoto non, ko mo jeydirɗaa 27
jiha neene e baaba e rontondiral.

Wata arno mo goɗɗo e fii ƴamugol, 28
hara jeyɓe no woodi, ɓe rontondiral.

Si tu lui montres de l'amour, elle se fait orgueilleuse.
Si tu la négliges, c'est encore le divorce.

Les savants seraient bien embarrassés
De vivre avec les gens de cette triste époque 1.

Les savants d'autrefois Priaient le Seigneur
De ne point leur montrer les tristes temps d'aujourd'hui,

Où le mensonge est devenu vérité,
Où les interdits sont devenus devoirs courants.

Et comment ferai-je en cette triste époque
Qui ne se soucie guère des actes de piété ?

Mais il y a des femmes qui sont tout le contraire de celles-là.
Elles prient, elles étudient, elles se conduisent pieusement.

Si tu veux les épouser, elles ne disent mot
Ni pour accepter ni pour refuser, jusqu'au jour de la demande.

Si tu leur fais des cadeaux, elles les conservent.
Quand le temps passe, elles y veillent et rien ne se gâte.

Quand elles sont accordées, elles viennent comme j'ai dit.
Sinon, point question de gaspillage.

Quand tu t'assoupis la nuit, elle te réveille :
« Ne me néglige pas, n'oublie pas tes devoirs ! »

Elle se tait quand la colère vient en paroles.
Elle rayonne de joie quand viennent les plaisanteries.

Si tu lui fais un petit cadeau, elle est fière de toi.
Si tu ne le fais pas, elle te protège de sa résignation.

Si tu lui montres de l'amour, elle te le paie.
Si tu la négliges, alors elle se résigne.

Quand on les installe dans une case, elles s'y résignent.
Quand on appelle, elles répondent tendrement, comme une jeune fille.

Des femmes qualifiées de la sorte,
Respectez-les et faites-leur plaisir.

Mais si tu veux te marier, c'est avec une parente
Maternelle ou paternelle, une co-héritière.

Ne demande pas celle d'autrui en mariage,
Qui a ses parents et ses co-héritiers.

Note
1. Il s'agit de l'époque de la conquête du Foûta-Djalon par l'armée française (novembre 1896).

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