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Alfâ Ibrâhîm Sow (éd.)
La Femme. La Vache. La Foi. Ecrivains et Poètes du Fuuta-Jalon

Classiques Africains. Paris. Julliard. 1966. 375 p.


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Cerno Muhammadu Luda Dalabaa
Yarloɗen Faransi — Tolérons les Français (suite et fin)

Ko gire gire Alla werniri yimɓe aduna, 12
ko ɗuuɗi yahii adaade jeyal Faransi.

O wernii yimɓe dolnuɓe goo e mayri, 13
Tamuuda e Adaa en no adii Faransi.

O feƴƴini fow ga laahara, hannde weeti, 14
o okki suudu aduniya ndun Faransi.

Ko añuɓe ɓe nangi hawre e maɓɓe defi en 15
tilaayor o'o, wonaa yiɗugol Faransi.

Ko heɓudaa woo heɓay wondiiɓe maaɗa, 16
jaɓen laaɓen kisan wallen Faransi.

Angisagol ko waajibi han yo Fuuta! 17
Ko fii meeɗen wonaa woo fii Faransi.

To sattani lamɓe woo laamaaɓe wulnay, 18
si ɓuttii lorrataa en Faransi.

Ɗalee fesugol e felugol lamɓe, wonten 19
e toragol Alla wallana en Faransi.

Fuuta no andi goy ko ɓe woowi wadde 20
Ɓe foola ! yo Fuuta wallir non Faransi

Ko jangude kaamiluuje ɓe itta jawle 21
Be waɗa sadaqaaji; waɗanen ɗum Faransi.

Mo yahi mo yahaa yo anniyo angisaade, 22
Ɓe yahataa ɓen yo wallir gaa Faransi

No wulla no nulta gaa sagataaɓe meeɗen, 23
toraade du'aaji fil ballal Faransi.

Mo yahi ton ɓiɗɗo an wi'eteeɗo Haadii, 24
o sottii lan e fii ballal Faransi.

Yo reenu mo Alla kanko e kala naɓaaɓe, 25
O hollita en ɓe hara foolii Faransi.

Yo reenu ɓe O'o Seniiɗo O ɓeyda cembe, 26
O jonnita leydi aduniya ndin Faransi.

Yaa Allaahu hisnu geɗalɓe julɓe, 27
Ɓe hoddirɗaa yo yaa ballal Faransi

Yetten Alla yetten lamɓe meeɗen 28
e ben wallayɓe en kuugal Faransi.

Kabii ko sabaaɓe ɓen huwwooɓe diina 29
heɓirta no huura fewndo jeyal Faransi

C'est par générations que Dieu héberge les gens en ce monde.
Beaucoup sont partis avant le règne des Français.

En vérité, il y a hébergé des gens puissants.
Thâmoûd et Aad, par exemple, vinrent avant les Français.

Il les fit passer tous dans l'autre monde.
En ce jour qui se lève, Il a donné la maison du monde aux Français.

Ce sont les ennemis 2 qui les ont attaqués qui nous obligent
A fournir des soldats ; telle n'est point la volonté des Français.

Tout ce qui t'arrive arrivera à ceux qui vivent avec toi.
Hâtons-nous d'accepter sincèrement d'aider les Français.

S'engager est le devoir d'aujourd'hui, ô Fuuta !
C'est pour nous, ce n'est point pour les Français.

Tout ce qui fait peiner les chefs fait souffrir leurs sujets.
Lorsque reviendra la paix, ne nous nuiront point les Français.

Cessez de pleurer et d'accuser les chefs et remettons-nous
A prier Dieu qu'Il nous aide en aidant les Français.

Le Fuuta sait, en vérité, ce qu'on a l'habitude de faire
Pour vaincre. Que le Foûta aide ainsi les Français !

On lit son Coran et on donne ses biens
En sacrifice. Faisons cela pour les Français.

Celui qui va et celui qui ne va pas en guerre, doivent s'engager d'intention
Ceux qui n'y vont pas, qu'ils aident ici-même les Français.

Se plaignent et écrivent nos jeunes gens
Qui nous demandent des bénédictions pour l'aide aux Français.

Est allé là-bas un fils à moi nommé Hâdî.
Il m'a racheté pour l'aide aux Français.

Que Dieu veille sur lui et sur tous ceux qu'on a menés.
Qu'il nous les montre avec la victoire des Français.

Que veille sur eux le Très-Haut ! Qu'il accroisse leur vigueur
Et rende la terre de ce monde aux Français.

O Dieu ! protège les fils de fidèles
Que tu as décidé d'envoyer au secours des Français.

Louons Dieu, remercions nos chefs
Et ces jeunes gens qui nous aident dans le travail des Français.

C'est grâce à eux, en effet, que ceux qui pratiquent la Religion
Peuvent pratiquer pendant le règne des Français.

[…] 3

Notes
1. On raconte que ce poème fut demandé au Louda par G. Vieillard et composé à son intention. Les 14 premiers vers semblent manquer de sincérité. Dire que les Français ne furent pas pires que Chaddâd Boun Aad, ne sont pas pires que les Pharaons et Nemroûd Boun Kan'âne, ne paraît guère leur rendre hommage en effet; on semble plutôt s'incliner, « les choses étant ce qu'elles sont ». Toutefois, le Loudà fut, dit-on, un collaborateur loyal de la colonisation française, ce que confirme la suite du poème.
2. L'auteur fait allusion aux Hitlériens, qui déclenchèrent la deuxième guerre mondiale.
3. Le fin du poème est médiocre, son texte incertain.

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